Jeudi 12 janvier, les personnels de l’université étaient invités à assister à la traditionnelle cérémonie des vœux, qui s’est poursuivie par la remise des Palmes académiques. Cette cérémonie revêtait cette année un caractère un peu particulier puisque c’est la dernière fois que je présentais mes vœux en tant que présidente.
En dépit d’une traversée 2011-2012 quelque peu difficile, je tiens à vous présenter mes meilleurs vœux pour la nouvelle année, à vous dire aussi tout le plaisir que j’ai d’être là pour ce moment désormais rituel de notre « maison commune », comme se plaisait à le dire Axel Kahn, en parlant de sa propre université, Paris 5. Comme l’an dernier, j’ai tenu à être entourée de l’équipe de direction, une équipe qui a répondu à l’appel et que je remercie, une fois encore, pour son engagement sans faille à mes côtés. Je n’en minimise pas moins votre propre engagement, vous tous qui, tout autant que nous, faites vivre et avancer cette université.
Je vous propose, dans un premier temps, de revenir sur l’actualité, sur les grandes lignes de 2011 et de dessiner quelques perspectives pour 2012, à la suite de quoi, si vous le souhaitez, nous prendrons quelques minutes pour échanger. Dans un deuxième temps, nous sacrifierons à un autre rituel puisque je remettrai les diplômes de palmes académiques à quatre d’entre vous. Enfin, nous partagerons la galette et le verre de l’amitié.
L’actualité
Le choix d’une célébration un peu plus discrète que d’habitude nous a été dicté par des contraintes bien différentes des années précédentes.
Je m’en suis expliquée devant nos instances puis dans un message que j’ai adressé à l’ensemble de la communauté, dès après le conseil d’administration de décembre consacré au budget. Je ne reviendrai ici que sur quelques éléments. Vous l’avez compris et vous le savez, la conjoncture nationale est tendue, la situation des universités l’est tout autant. Une enquête de la CPU (Conférence des Présidents d’Université) est d’ailleurs en cours pour faire toute la lumière sur la baisse tendancielle de nos moyens et sur les mesures que nous avons été amenés les uns et les autres à prendre.
En ce qui concerne l’UCP, nous avons fait le constat en octobre d’un déficit relatif à l’exercice 2010 et en avons cherché les causes. Elles sont dues, pour l’essentiel, à une baisse des recettes, en particulier à une non-compensation de charges par l’Etat. Cela est à rapprocher des choix ambitieux –et pas moins vertueux pour autant- que nous avons faits pour l’établissement et qu’il serait injuste de regretter, a fortiori de condamner. Je défends avec force ces choix car ils ont traduit la façon dont nous avons apprivoisé collectivement les outils et les marges de l’autonomie ; par exemple, en matière de ressources humaines, nous avons créé des emplois dans les composantes et les services, nous avons augmenté substantiellement le nombre de contrats doctoraux pour nos étudiants, nous avons consolidé notre politique indemnitaire à l’égard de tous –titulaires et contractuels-, nous avons mené une politique volontariste de cdïsation, nous avons passé les contrats de 10 à 12 mois pour les contractuels. Tout cela, certes, a eu et continue d’avoir un coût. Mais c’était bien le minimum que nous devions à une université de service public historiquement sous-dotée.
Le déficit 2010 à peine constaté, et afin d’éviter un second résultat déficitaire pour 2011 qui nous placerait de fait sous la tutelle du Recteur, nous avons immédiatement mis en place les mesures de vigilance et d’économie qui s’imposaient en cette fin d’année. Cela explique et justifie que nous ayons construit et proposé au Conseil d’Administration un budget 2012 placé sous le signe de la prudence, voire de l’austérité, l’objectif étant de ne pas prévoir un trop grand prélèvement sur le fond de roulement.
Je rappelle et confirme ici les mesures essentielles que nous avons dû prendre :
- la mise entre parenthèses, au moins pour 2012, des investissements lourds, en particulier immobiliers – ceux pour lesquels nous avons déjà les financements (Maison internationale de la recherche de Neuville, en particulier) ;
- la rationalisation de notre parc immobilier à travers l’étude sérieuse de la fermeture d’un site dès la rentrée de septembre 2012 (les discussions sont en cours autour du site de Cergy-Saint-Christophe). Au-delà, la réflexion globale d’optimisation de nos mètres carrés doit se poursuivre, ce d’autant que nos effectifs ne sont pas en hausse ;
- une campagne d’emplois réduite au strict minimum. Cela se traduit par un coup de frein aux recrutements supplémentaires de personnels et par un recours au gel d’une quarantaine de postes toutes catégories confondues ;
- un maintien du niveau de l’enveloppe indemnitaire, sans augmentation, sans baisse non plus.
Tels sont les choix que nous avons dû faire et que les administrateurs, en toute connaissance de cause, ont approuvés dans leur grande majorité. C’est à ce prix que nous pourrons respecter le seuil de sécurité financière. C’est la raison pour laquelle, il n’est envisagé pour personne –sauf éclaircie- de déroger à ces règles de bon sens. En disant cela, j’espère décourager toutes les démarches, individuelles ou collectives, qui viseraient à nous faire revenir sur des décisions que nous avons prises, sans gaieté de cœur mais après mûre réflexion, en vue de sauvegarder solidairement l’édifice UCP. Cela s’impose d’autant plus qu’à l’heure qu’il est, nous ne connaissons pas encore le montant de notre dotation ministérielle pour l’année 2012. On sait en revanche qu’elle ne sera pas en hausse puisque nous avons appris, quelques jours après le vote du budget, que les « mises en réserve » 2011 (=sommes retenues par l’Etat pour constituer un fonds susceptible de pallier toute difficulté) avaient doublé pour l’ensemble des universités. On peut imaginer (ou craindre) que ce sera la même chose en 2O12 [entre-temps, nous venons d’avoir communication de notre dotation pour 2012 qui confirme malheureusement nos craintes]. Je vous demande d’en accepter la contrainte et de continuer à faire confiance à une équipe très fortement mobilisée sur la question.
Cette analyse sincère et transparente de la situation ne saurait occulter les belles réussites et les grands événements qui ont jalonné l’année 2011. Je ne les ai sans doute pas tous dénombrés mais il me plaît d’en rappeler quelques-uns.
Retour sur 2011
Etudiants et personnels ont d’abord pu se réjouir de la mise en service de deux nouveaux espaces de restauration… En janvier, aux Chênes, rénovation du restaurant et création d’une cafétéria attenante. Un lieu devenu vraiment convivial grâce aux efforts conjugués du CROUS, de la DPI et d’ASB. En septembre, à Neuville, création d’un restaurant universitaire dont je rappellerai qu’il répondait à un besoin séculaire et que si le CROUS en a financé 49%, l’UCP a payé sur ses propres deniers les 51% restants… Nul regret, c’était absolument nécessaire !
Autre motif de satisfaction : les investissements, dans le domaine de l’informatique et du numérique, se sont poursuivis : audit réseau, changement du cœur et mise à niveau progressive de tout le réseau de l’UCP, premières briques de l’ENT, mise en place d’un nouveau service, le SEFIAP, mise en route des IPWeb pour deux ou trois composantes pilotes… Une réalisation récemment inaugurée et qui mérite tous nos éloges : la reconfiguration du site internet, travail conjoint d’une chargée de mission (Anne-Constance Vigier), de la DISI et du service communication, en particulier Florence Brouillaud et Mathieu Renversade. Le résultat est formidable et ils doivent en être remerciés. Même si, dans le domaine de l’informatique dans les nuages, nous n’avons pas encore atteint tous nos objectifs, ils sont de mieux en mieux identifiés et planifiés grâce au travail en continu de la DISI mais aussi du comité de pilotage numérique auquel Thuy-Maï Nguyen consacre beaucoup d’énergie positive…
En parlant d’énergie positive, nous avançons à grands pas dans le domaine du développement durable même si Ronan Hébert, chargé de mission, mesure avec désespérance tout ce qui nous reste à faire… En tout cas, grâce à l’aide de la DHSE et de la DPI, nous avons progressé dans la gestion des déchets, sur le cendrier en béton, dans l’étude des économies d’énergie et d’eau, sur le projet d’une charte éco-citoyenne à destination des étudiants et des personnels. Disons-le, on partait de loin !
Les étudiants n’ont pas été oubliés… En juin, s’est tenu notre séminaire de réflexion annuel, consacré cette année à ce qui est devenue la troisième mission des universités, avec la formation et la recherche : l’insertion professionnelle. Cela a été une manière extrêmement enrichissante de sensibiliser toute la communauté à cette nouvelle « discipline », mission qui tenait à cœur à Colette Glück et au SCUIO-IP et, au-delà, au SCREP.
Réjouissons-nous aussi que notre Fondation se soit enrichie de nouveaux mécènes, qu’elle ait accueilli de nouvelles chaires partenariales et mis en place deux campagnes annuelles d’appels à projets, ouvertes à toute la communauté universitaire. Elle a, entre autres, soutenu un événement original, l’Univ d’Hiver, qui a permis d’accueillir une centaine d’élèves de 2de, de les immerger dans notre université et de rendre heureux –au moins- deux chargés de mission préoccupés par l’égalité des chances, Richard Pourret et François Dulieu.
Les enseignants-chercheurs ont aussi de quoi pavoiser. En 2011, l’UCP a rayonné grâce à eux. Dans le cadre des investissements d’avenir, où se sont fortement impliqués des coordonnateurs hors pair (François Germinet, Stéphane Serfaty, Emmanuel Poirault, Karine Gambier-Leroy ainsi que tout le SDRV), notre SATT a été retenue, nous avons obtenu un laboratoire d’excellence, Patrima, porté par l’UCP, l’UVSQ et d’autres partenaires prestigieux… Dans la foulée –et ce fut un réconfort au tout début des congés de Noël- nous avons été lauréats de l’appel à projets « équipement d’excellence » avec Patrimex. A ces reconnaissances collectives –qui couronnent un travail d’équipe-, il convient de saluer les reconnaissances individuelles dont ont été l’objet certains de nos enseignants-chercheurs : 2 nouveaux membres de l’IUF (Sonia Lehman-Frisch, géographe, IUF junior, et Paul Doukhan, mathématicien, IUF senior) ; un ERC senior pour Frank Merle, mathématicien. Et on pourrait avoir bientôt la confirmation officielle d’une médaille de bronze CNRS pour l’une de nos chaires.
Mais, bien sûr, 2011 restera, dans nos mémoires, l’année de nos 20 ans. Le calendrier des célébrations –parfaitement mis en musique par la DEVE, le service communication, la DPI, la DHSE, les services de la présidence, Rezo UCP… est là pour l’attester : une grande cérémonie de remise de diplômes et un gala pour nos étudiants en février, un colloque très sérieux avec les 3 autres universités nouvelles en juin, une journée festive, musicale et sportive en septembre, une cérémonie de doctorat honoris causa en novembre et une belle et émouvante cérémonie de clôture en décembre où n’ont manqué ni les moments solennels ni les témoignages ni la parfaite convivialité qui sied si bien à notre établissement.
Je crois cependant que le temps est venu de tourner la page des 20 ans et d’envisager avec lucidité et détermination les 20 ans à venir, de consolider ce qu’ensemble nous avons construit et de rester fermes et unis devant ce qui peut paraître une adversité.
Quelques vœux pour cette année 2012 qui commence…
L’année 2012
2012 sera, assurément, l’année du changement… et je ne me réfère qu’aux affaires universitaires !
2012 va d’abord être l’année de la création du PRES UPGO dont l’UCP est membre fondateur aux côtés de l’UVSQ. Tout indique que les feux sont au vert et que seul l’embouteillage bien connu des tuyaux administratifs retarde de quelques jours la sortie du décret de création. Les membres associés du PRES –et ils sont nombreux- ont été réunis. Leur adhésion aux grands projets est garantie. Je forme le vœu que ce PRES donne à nos missions fondamentales et à nos projets les plus ambitieux l’élan qu’ils méritent. J’ai bien l’intention d’y veiller de près.
Ensuite, 2012 – et c’est un pari – a encore des choses à nous apporter du côté des investissements d’avenir. Nous avons concouru – presque toujours avec l’UVSQ – à plusieurs appels à projets : pour un laboratoire d’excellence en maths-éco, pour un institut d’excellence en matière d’énergies décarbonées, pour un projet IDEFI d’innovation pédagogique, un campus du futur… Nous attendons avec fébrilité les résultats. Je forme le vœu, bien sûr, que nous soyons retenus pour tout !
Enfin – et ce n’est pas le moindre des sujets – 2012 va aussi être l’année de renouvellement des instances de notre université et d’élections à la présidence. Est-il utile que je rappelle que la participation massive à ces élections est un gage pour la démocratie universitaire ? Nous veillerons, bien sûr, avec Bernard Fradin et AGIDA, au bon déroulement des opérations. De la même façon, nous resterons attentifs à la bonne tenue des débats et à la libre expression. Je forme le vœu que la communauté fasse le choix de représentants qui aient la volonté de continuer à œuvrer pour la cohésion et le rayonnement de notre « maison commune » et pour l’édification de projets porteurs de sens et d’avenir. Je forme enfin le vœu que ce que nous avons construit jusque-là ne soit pas oublié mais trouve au contraire, avec mon successeur, quel qu’il soit, un plein épanouissement.
Mon mandat n’est pas tout à fait achevé, ce n’est donc pas l’heure du bilan, du testament ou de la tournée d’adieux ! Néanmoins, je ne peux m’empêcher de vous dire la joie et la fierté que j’ai eues de présider cette université et de travailler avec chacune et chacun de vous. Recevez à nouveau, mes chers collègues, mes vœux les plus chaleureux pour 2012.